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Pas de vague

« J’ai été pris en otage à 10 h 09. Je distribuais un document lorsqu’une étudiante m’interpela : «Arrêtez, ce n’est pas le moment ! » Interloqué, je m’immobilise. De fait, nous avons encore une minute avant la reprise, mais le sujet est long à traiter, il n’y a pas de temps  à perdre. Je reprends la distribution. Mise en fureur, elle enchaîne : « Si je vous vois dans la rue, je vous calcule même pas. Est-ce que vous chiez…

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Transfert ?

Lorsque ses ongles sont un peu longs, ils ressemblent à ceux de sa sœur. Elle s’empresse de les couper. D’autant que c’est préférable pour éprouver la subtilité du toucher. Comment a-t-on pu faire croire aux femmes que les ongles longs étaient plus sexy ? Chez les sorcières à la rigueur… Quand elle est fatiguée, le bas de son visage s’avachit et sans avoir à se regarder dans un miroir, elle perçoit sa ressemblance avec sa…

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Cinq histoires pour une photo

– C’était une salle de cinéma. Lorsque la porte bleue s’ouvrait, la foule se précipitait à gauche vers le guichet derrière lequel plastronnait une fausse blonde exagérément maquillée qui dardait fièrement ses gros seins comme pour évoquer les films de Fellini. À droite, un escalier en colimaçon plongeait au  sous-sol où étaient entreposées des affiches et des pancartes annonçant :  Charlot, Buster Keaton ou des films de cape et d’épée, des péplums et, de temps…

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Les Maisons – Texte

Les Maisons ont une âme que je perçois chaque fois que j’en franchis le seuil. Plusieurs m’habitent, si je puis me permettre cette inversion… J’identifie d’abord leur odeur : chacune a la sienne. Puis, je recense les jeux de lumières, contre-jours, zones d’ombres qui marquent chaque pièce. J’enregistre leur respiration : craquements, grignotements menus, déplacements furtifs, silences profonds. Chaque espace entoure mon corps à sa manière. Dans la maison de mes grands-parents, je percevais d’abord l’odeur de…

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Y’a pas d’souci

– Comment ça ? Vous me réclamez une somme que j’ai déjà versée et vous me dites : y’a pas d’souci… – Ben… – Et le fait que mon ordinateur portable me répète pendant des heures « En attente de windows », ce n’est pas un souci ? Je préfèrerais attendre Godot ! Quant à l’ordinateur fixe, soit il ne s’allume pas, soit il s’éteint. Sans parler de son extrême lenteur et du fait qu’il barbote dans une zone sinon…

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été

La nuit étoilée prend son temps Elle attend le bleu brûlant du jour suivant qui déjà palpite bourdonne  fusionne crépite effervescences des transparences La terre étale  ses cicatrices au tempo des cigales qui craquettent et se régalent comme les poètes L’été prolonge tous les étés un bond sans terme l’encore culminant dans le renoncement  l’ombre plonge verticale  s’enferme l’air s’emplit de cosmogonies d’ailes poudrées qui s’effritent furtives agonies pas même célébrées Le temps crépite dans…

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Voyage

Quelle photo sélectionner ? La plus belle, la plus représentative, la plus étonnante, la plus touchante, la plus insolite, la plus ratée ? Autre ? Les écrivains relatent volontiers leurs voyages. Je viens de marcher sur les pas de Lord Byron qui disait du Monténégro : « …la plus belle union de la terre et de la mer… » Assurément. Pour ma part, j’écrirais  : « Les montagnes noires se jettent dans le bleu de l’Adriatique. » C’est plus coloré. Certes « se jettent »…

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Mode d’emploi

Comment vivre ? Depuis toujours, je me pose la question avec le sentiment que pour les autres c’est évident. Sans doute que des informations me manquent… Enfant, c’était inévitable, adolescente, à la rigueur, mais désormais adulte, largement adulte, c’est… anormal. « La Vie mode d’emploi », excellent titre d’un roman qui ne m’a pas éclairée sur ce sujet, m’a conduite à écrire des livres afin de découvrir des indices pour appréhender l’existence, comprendre la vie et, si possible, …

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« Objets inanimés »

Le sort des poètes est d’être réduit, au fil des ans, à un ou deux vers qu’on leur attribue avec hésitation. En l’occurrence, le titre ci-dessus est un emprunt à Lamartine qui a le privilège d’avoir deux poèmes  référents : « Un seul être vous manque et tout est dépeuplé » surnage au-dessus du lac de L’Isolement. « Objets inanimés, avez-vous donc une âme qui s’attache à notre âme et la force d’aimer » interroge Harmonie II. C’est peu, mais…

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