Alceste 2017

« Mes yeux ont la couleur des matins en chemise »*

Tandis que rêves et songes s’éternisent

Mon âme s’y réfugie en toute franchise

Elle s’y love, s’y complait et s’y remise

Refusant de rejoindre mon humeur grise

 

Mes idées, mes mots et le reste s’empaquettent

Lustrés à vif, à chaud à quelques chansonnettes

Et mon pauvre amour tout déjanté hoquète

Retenu par des fils telle une marionnette

Effeuillant sans répit une belle pâquerette

 

Qui ment comme il convient de mentir aux amants

Mon cœur fou, mon âme pâle allant de l’avant

Sans hésiter, sans musarder, sans jugement

Le temps filait mais en moi demeurait l’enfant

Qui croyait aux contes, aux fées et au printemps

 

Balivernes admises, stupide candeur

Père Noël et Dieu dodu tricotant les heures

Je pensais, j’écrivais me tuant au labeur

Sans même m’aviser d’une crapule d’éditeur

Et prétendais alors que c’était le bonheur

*Léo Ferré – « Alceste »

(et avant lui Molière)

Photo de J-F Rauzier
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