Apprendre
Dès l’enfance, s’accrocher et s’adapter s’imposent : téter, marcher, devenir propre… Découvrir l’environnement : mère, père, fratrie ; gérer les relations de crèche et de bac à sable : éviter morsures et fermer les yeux, rejeter la pelle du congénère, défendre son château, ne pas pousser le bambin apeuré du haut du toboggan ; se cacher pour jouer au docteur, au papa et à la maman et autres variantes.
En parallèle : maîtriser le corpus langagier, distinguer les gros mots des maigres, apprendre à lire, à écrire, à compter et autres matières à l’utilité obscure.
Apprendre à concevoir l’amitié, l’amour, le désir, le plaisir ; apprendre à encaisser les déceptions, les trahisons, si possible éviter la souffrance, la solitude, l’ennui, la haine.
Après l’acquit de ces bases : choisir un métier, s’insérer dans la société, fonder une famille ; à savoir supporter la hiérarchie, les collègues envieux, sa compagne ou son compagnon, se montrer fermes, mais tolérants à l’égard des enfants, les rassurer tout en les stimulant.
Simultanément assumer ses responsabilités et s’épanouir sans perdre de temps : la phase suivante impliquant critiques du conjoint et des enfants, empâtement du corps, rides… (Suite autocensurée – à compléter si vous le souhaitez.) Prendre en charge ses parents dont les frasques… (Idem)
Le tout en immersion dans le bouillonnement mondial : drames, guerres… (Idem) Rien qu’à l’échelle nationale : avaler… (Idem)
Le temps passant, le délaissement… (Idem)
Apprendre la lenteur des gestes… (Idem)
Et enfin, accepter… (Idem) Biens, objets intimes, écrits, photos, souvenirs… (idem).
Juste avant… (Idem)…/… ni par rapport à vous-même.
Certes, les autres ne sont pas nécessairement plus satisfaits et les suivants, encore arrogants, ne s’en sortiront pas mieux, mais ce n’est pas une consolation d’autant que parmi eux… (Idem)
Si une forme de survie existe dans l’au-delà, il se peut que vous ressassiez éternellement vos vains efforts, vos regrets, vos remords… Est-ce, ce que l’on nomme l’enfer ? Si oui, le paradis dépend-il d’une amnésie totale ?
Pourrons-nous, enfin, demander des comptes à qui de droit ?
4 Comments
Emmop octobre 27, 2021 - 06:53
C’est apprendre ou à lécher… Laisse les mots jouer avec toi sans retenue, sans censure.
Andy octobre 12, 2021 - 09:08
Tes mots sombres ou lumineux sont beaux, laisse-les venir vers nous. Pour ma part, ils m’aident à vivre. D’autant qu’aujourd’hui je me trouve sans verve et sans faconde…
Colette Brogniart octobre 01, 2021 - 14:11
Certes ! Je vais m’efforcer de compléter les phrases non telles qu’elles étaient, mais en toute joyeuseté. Je propose après rides, par chance l’humour augmente. Après frasques nous amusent en attendant d’en faire autant. Après guerres, mais des chercheurs ont découvert que Lady Sapiens occupait une place essentielle, on lui doit vraisemblablement toutes les formes d’art ! Après avaler des couleuvres, il suffit de les pimenter de rires Après accepter nous nous vengerons dans l’au-delà Après souvenirs ces béotiens ne nous méritaient pas. Après juste avant philosophie et poésie nous apaisèrent. Après quelques amis, mais tellement plus d’ennemis…
Arco octobre 01, 2021 - 13:58
Je suppose que cette auto-censure est liée à une giclée de feel good. Il faut se rincer de mots de toute urgence !