Diagnostic
Il abrite dans son ventre : un hippocampe, une licorne, une chauve-souris et une méduse : cohabitation délicate.
L’hippocampe leur tourne le dos, la chauve–souris drapée dans ses ailes se renverse cherchant à éviter les tentacules de la méduse et la corne de la licorne.
Celle-ci rêve d’évasion et fouille de sa corne les parois qui l’entourent. Elle en a transpercé une sans réussir à s’enfuir. La méduse s’étale congénitalement ou effrontément.
Ça gargouille, ça borborygme, ça tort. Comment les apprivoiser ?
Lorsqu’il parvient à les oublier, d’autres zones se manifestent. Ses oreilles, trop attentives, le perforent et le brûlent. Il utilise deux produits antagonistes l’huile d’amande pour son onctuosité et l’alcool à 90° pour son astringence. Il y plante de petits bâtonnets : une avalanche de frissons le ratatine de la tête aux pieds. Comment ne plus entendre ? Deux boules de naphtaline trempées dans de l’huile de coco.
Lorsqu’il instaure un silence relatif, sa peau l’interpelle, le démange. Il se frotte vigoureusement un point quelconque de l’épiderme et des perles de sang jaillissent.
C’est, dit-on, l’interface avec le monde extérieur. Qu’en déduire ?