Causeries
Baudelaire déplorait le sort des morts qui « ont de grandes douleurs » et ne partagent plus de « bonnes causeries ».
Je souhaite que les disparus profitent de l’éternité dans un paradis conforme à leurs attentes.
Tant de félicités les incitent-elles à nous oublier, est-ce pourquoi ils ne nous adressent nul signe ? Est-ce impossible ou interdit ? Leur nouvel état rend-il cet acte superfétatoire ?
Quelques-uns traversent mes rêves, conformes à eux-mêmes.
J’aimerais échanger avec eux sans recourir à un médium ou à l’hypnose. J’envisage de me concentrer sur deux d’entre eux pour les invoquer à travers leur domaine de prédilection : la musique pour l’un, le cinéma pour l’autre.
Parfois, j’y parviens, mais quelle part incombe à l’auto-suggestion ?
Certaines religions recommandent de ne pas les retenir par nos larmes, de les laisser partir en toute sérénité.
Soit, je ne les importunerai plus, mais j’apprécierais d’entretenir de « bonnes causeries » avec les vivants, hélas trop occupés et préoccupés ou taiseux ou ?