Des jouets

Je me fais un sang d’encre ! Pratique pour un écrivain. Ce mauvais sang me vrille et rougit mon front où perlent des mots. Je dispose donc de deux couleurs : le noir et le rouge, celles des libertaires.

Plutôt qu’un drapeau, j’envisage de confectionner un jouet qu’enfant j’appréciais. L’objet se compose d’un petit sac de tissu rempli de sable (le contact mou et frais me plaisait), il se prolonge de trois ou quatre bandes colorées de papier crépon. La ficelle qui ferme le sac permet de le faire tournoyer pour le lancer vers le ciel. Il redescend dans le tourbillon des rubans qui ondulent comme des flammes et bruissent suavement. Ce jouet modeste m’éblouissait. A-t-il un nom ? La fascination reviendra-t-elle ?

Dehors, lorsque je m’ennuyais, je traçais au sol un carré, puis deux lignes droites pour joindre les angles et d’autres partant du milieu des côtés. Toutes se croisent au centre et dessinent huit triangles. Les deux adversaires (je jouais fréquemment les deux rôles) se munissent chacun de trois petits cailloux bien distincts. L’objectif : parvenir à les placer le premier sur une seule ligne, en contrant l’opposant qui poursuit le même but. Je crois qu’on disait : jouer aux morpions. Bizarre ! Après vérification, cette dénomination découle d’une expression en français ancien «mords pions ».

Très vite,  bloquée par l’autre ou par moi-même: je m’ennuyais de nouveau.